LE JOUR OU JE SUIS DEVENUE UNE MAMAN

Il paraît que ça commence plus tôt que le jour où son enfant naît. Il paraît qu’on devient maman au premier coup d’urine sur un bâtonnet stérile. Et pourtant, pour ma part, j’ai crains jusqu’au bout de ne pas réussir à me sentir mère. J’ai eu peur, bien sûr, de ne pas être à la hauteur, mais j’ai surtout eu peur de ne pas ressentir « le truc ».

On ne refera pas l’histoire, vous la connaissez tous. On tire un peu sur la corde, on est à 28 SA et on nous annonce la MAP (Menace d’Accouchement Prématuré) et à partir de là, c’est la course contre la montre, soi même, et la terre entière. C’est le « je te tiens la barbichette » entre ton col de l’utérus et ton bébé. C’est les angoisses, les larmes, et les impatiences.

IL EST 16H45, UN LIQUIDE CHAUD QUI M’INONDE

Je suis sur le canapé, on est mardi, et il n’y a rien à la télé. Johann ne va pas tarder. Le vendredi précédent, je sortais pour le match France-Moldavie, parce qu’au final que je sois échouée dans mon canapé ou dans celui des beaux parents, un canapé reste un canapé. En rentrant, j’avais cru fissurer la poche des eaux.

Ce mardi, j’ai finalement compris ce qu’était « perdre les eaux ». On aurait pu les appeler « la fontaine du coin » ou encore « avoir les chutes du niagara entre les cuisses ».

Pour celles qui ne le savent pas : perdre les eaux, c’est un truc insupportable à vivre puisque ça ne s’arrête jamais. Ca coule en continu, c’est chaud, ça mouille, c’est déroutant.

Quelques minutes avant, je demande à ma sage femme si elle est certaine que je peux prendre la voiture pour aller à mon premier cours de préparation à la naissance, quand elle me répond que ça devrait aller, je lui dis « finalement, il en a decidé autrement, je ne serai pas là, je viens de perdre les eaux ».

16h45, mardi après midi, moi, le canapé, les chiens et surtout la boule au ventre, la peur, et l’envie de me réveiller du cauchemar. J’appelle ma mère et je pleure, je pleure autant de larmes que ce qui coule entre mes cuisses.

« Maman, je peux pas. Maman, je veux pas. Maman, pourquoi j’ai fait ça, je suis pas prête. D’où je vais devenir maman ? Moi ? ». Et à ce moment précis, les mots en face sont puissants, réconfortants et chaleureux. C’est le moment, je peux le faire, je dois le faire, ya plus le choix et heureusement l’amour de ma maman me donne la force de me guider vers ce nouveau rôle. Après avoir freiner des 4 fers pour ce nouveau chapitre, après toutes ces semaines si difficiles, ces angoisses et cette attente, j’appelle Johann et je lui dis que « ça y est, j’ai perdu les eaux, on doit partir dès que tu arrives, parce que lui, il arrive ».

Je prends une douche, je prépare les dernières affaires, je fais de longs calins aux chiens car je sais que je ne les reverrais pas tout de suite.

Les larmes sont séchées, pas ma petite culotte. Maintenant j’ai hâte, on va bientôt rencontrer notre petit garçon.

34SA+3, j’aurai dû avoir peur pour lui, j’aurai dû vouloir le garder encore au chaud mais aucun de ces sentiments ne m’ont traversée. Je sentais qu’il fallait qu’il arrive, je sentais que c’était le moment et j’étais sacrément prête.

J’étais une lionne, j’étais une battante, j’allais devenir maman, finalement c’était le plus beau jour de ma vie qui allait arriver. J’allais l’aimer, le choyer, plus aucun doute : c’était le moment.

Et puis, on s’est retrouvé loin des ideaux de Baby Boom. J’ai troqué ma dignité et mon amour propre contre des couches culottes et des litres de flotte qui coulent par terre pendant que je parle à mon mec. Des heures entières sous monito, à ne pas savoir à quelle sauce on sera accouchés. Des examens. Des bip. Des vas et viens, et des pillules roses qui doivent arrêter les contractions.

Pourquoi les arrêter ? A partir de 34SA, on m’a dit que le travail ne serait pas arrêté… Pourquoi maintenant que j’étais fin prête à l’accueillir, on m’annonçait que tout serait fait pour qu’il reste encore 2 semaines et demie à l’intérieur ?

Pour info : le liquide amniotique se régénère puisque c’est son « urine ». Tant qu’il n’y a pas d’infection, il n’y a pas de problème.

J’ai le cœur qui s’emballe, la gorge sèche et tout s’accélère. Bracelets à mon nom, perfusion, cathéter, prises de sang, et des larmes, encore. J’aurai pu remplir des litres et des litres. Il est 3h du matin, les contractions ne s’arrêtent pas malgré les cachets à prendre tous les quarts d’heure. Adalate, je ne t’aime pas. J’ai de l’espoir que leur traitement ne fonctionne pas, car si ça ne fonctionne pas alors on le laisse arriver.

Finalement, les grands moyens sont sortis. Perfusion. Efficacité garantie.

Transfert dans ma nouvelle chambre en GHR. Grossesses à Haut Risque. J’ai une migraine qui me brule les tympas, les yeux rougis par la détresse, je suis seule et je pleure comme une enfant de 7 ans. Libérez moi. Libérez le. Laissez moi devenir mère, laissez moi faire mon boulot, laissez moi l’accueillir, laissez moi lui parler.

On est mercredi matin. J’ai pleuré toute la nuit, je me suis tordue de douleur mentale. Je me sens incomprise. Regards compatissants. Monito, médecins qui défilent.

Maman, maman, maman. J’appelle ma maman, et je lui dis que j’ai peur parce que je ne le sens plus bouger. Il faut qu’il sorte, il faut qu’il arrive, il ne veut plus être en moi, et aussi dure soit cette phrase : je ne veux plus qu’il soit en moi. Je veux qu’il soit avec moi. Egoïste. Sale égoïste.

Deux minutes après, les infirmières arrivent avec un monito, maman a honoré son rôle de wonder maman (même si parfois c’est légèrement « too much » et elle les a prévenu de mes inquiétudes. Elle savait que je me murerai dans le silence, mes pensées comme seule compagnie).

Il est 10h, j’ai l’impression d’être là depuis des mois. La psy arrive. Elle m’insupporte. Je pleure, j’aligne pas un putain de mot, et j’assume pas l’égoïsme dont je fais preuve. Elle, elle est persuadée que je suis tétanisée pour la santé de mon bébé, et que j’aime pas les hopitaux depuis l’AVC de mon père. Je finis par m’énerver pour lui faire comprendre que mon seul souci avec cet hopital c’est qu’ils s’acharnent à repousser mon accouchement quand moi, je veux accoucher MAINTENANT.

« AH. Ne culpabilisez pas. »
Bon, ta gueule.

Il est midi, on me débranche de partout, même la perf. Infection, on va sans doute devoir vous déclencher. Ne paniquez pas. Et là, ce fût la plus belle et la plus merveilleuse des nouvelles. Ma maman était là, l’amoureux aussi. Sourire retrouvé. Je vais rencontrer mon bébé, je vais rencontrer mon fils.

Et à ce moment là, tu oublies tout. Tu oublies la peur de l’accouchement, la crainte de la péridurale,  l’angoisse des douleurs, plus rien n’a d’importance. Tu sais que tu vas tout donner pour qu’il arrive vite, en pleine santé, et pour embrasser ce moment qui s’avérera être le moment le plus intense de toute ta vie.

Il est 17h. On arrive dans la plus belle salle d’accouchement de l’hopital, on s’y sent bien, on enlève le vernis de l’index  « au cas où », on m’annonce que je vais avoir la péridurale dès maintenant même si je ne ressens aucune contraction car à cause de l’infection, si la fièvre arrive je pourrais oublier la péridurale. Alors on se dépêche de la faire. Et on t’attend.

Ah non, pas de péridurale, certains anesthésistes refusent même sans fièvre, pour seule raison qu’il y ait une infection.

Bon, finalement, ok.

Tension à 7, vite, une dose de « je sais pas quoi » pour me faire revenir. Je suis seule, Johann a dû rentrer sortir les pauvres poilus restés quasiment seuls depuis la veille.

Et j’attends, j’attends la délivrance, la mienne et la sienne.
Je ne m’en cacherai jamais, je n’ai pas aimé être enceinte, je n’ai pas réussi à ressentir ce que je me sentais obligée de ressentir, à tel point que j’ai douté de moi et de ma capacité à devenir mère. J’ai passé une grossesse merdique du début à la fin, mais je reste consciente de la chance que j’ai eu de la vivre. D’être enceinte. Et de mettre au monde un bébé.

Il est 23h, il lui reste 1h pour arriver pile le jour de l’anniversaire de son père. On n’y croit plus vraiment : le col ne se dilate pas, on est qu’à 2 alors qu’il faudrait être à 10. Mes jambes sont lourdes, je ne les sens plus. C’est drôle comme sensation. « Dites, c’est normal que je ne sente plus rien à gauche mais tout bien à droite ? » Il paraît… L’équilibre du produit quand il est envoyé.

Il est 2h du matin, toujours rien. Toujours cette ronde des doigts qu’on vient allégrement mettre dans ton intimité. Ca commence à devenir douloureusement gênant. J’ai envie de dormir. Finalement, j’ai le droit à la sonde, posée sous les yeux respectueux de l’amoureux, qui tourne le regard. Une sonde ? C’est vrai que ça fait un moment que je ne pense plus à faire pipi…

Il est 3h, la sage femme donne vraiment de sa personne, me rassure et fait tout pour m’accompagner dans cette langoureuse attente. Elle me propose un massage du col avec des huiles essentielles. Ok… Mais rien n’y change.

Il est 4h, elle se met à me piquer partout parce que « peut être que l’acupuncture peut marcher ». j’ai fait ma plus belle blague quand elle m’a piqué au milieu du front : « j’ai toujours rêvé d’être une licorne ». La salle est hilare. Je vais devenir mère et je n’ai pas perdu mon humour.

Il est 6h du matin. « Excusez moi, je peux me lever à un moment pour aller aux toilettes ? » Pas de souci, vous avez la sonde. « Oui, mais pour… Autre chose ? » « Ah ben, vous en faites pas, on nettoiera. Vous avec des garnitures sous vos fesses (les tapis de protection qu’on te met sous le cul au cas où tu t’oublies). Regard vide vers l’amoureux. On vient de me proposer de me chier dessus. Ok… No way.

Il est midi « on va y arriver, le col est à 4 ! »

Il est 15h, pas de soucis pour bébé, ni pour moi, mais là, ça devient trop long. Les équipes sont disponibles, on part en césarienne. « On est bien d’accord qu’il vient avec moi ? » Non… Les papas ne sont pas admis.
Baby Boom a menti. Bombes lacrymales.

J’ai mal, j’ai froid, j’ai peur. La rencontre est là, je sais que les ressentis qui arrivent ne seront pas agréables, mais on a déjà tellement encaissé. Ca ira. Oui, ça ira… Mais j’ai peur, j’ai froid, et je suis seule.

On me remue, de l’intérieur, on me sort mes tripes, l’utérus, et tutti quanti. On me demande si ça va. J’ai les yeux rivés sur mes constantes, parce que j’ai peur de mourir. Je l’ai imaginé mille fois. Sauvez-le lui, si jamais je dois mourir. Pas moi. Je sens leur main me triturer, je crois qu’ils parlent de leur week-end. J’ai froid, vous savez. J’ai mal aussi, aïe. Aïe, vraiment.
« Comment ça, vous avez mal ? » Ben oui… J’ai mal. «  C’est normal ? »

Une autre dose, puis encore une… Je sens qu’ils le sortent, je le sente l’extraire de mon corps. Je suis bousculée sur la table, et je panique. Je leur dis qu’il ne pleure pas. Mais on m’explique que c’est parce que le cordon n’est pas encore coupé. 3, 2, 1,… Le cri, ses larmes. Et puis les miennes. On me le tend, je le regarde, je suis bouche bée, je suis sonnée, je suis complétement K.O et je suis vide. Vidée. Je ne sais pas ce que je dois penser, ni ressentir. A l’instant T, je ne ressens rien à part un soulagement immense. Il est là, et il va bien. Alors je le regarde, je n’ai que mes yeux pour le regarder, tout le reste de mon corps s’est fait la malle. Elle me le rapproche du visage, elle me dit que je peux lui faire un bisous, c’est sans doute le truc le moins naturel que je fais, parce qu’elle me dit de le faire. C’est étrange. Je m’en veux de ne pas avoir eu le réflexe de le faire, ni l’envie. Très vite, je me demande si c’est normal d’être aussi peu réceptive à ce moment censé être magique. Je me souviens qu’il sent bon, et il s’en va.

J’ai mal, et j’ai froid. Ils me referment, parlent encore de leur week-end, ou quelque chose d’aussi futile, pendant que je suis ouverte en large sur leur table d’opération. Tout est remis en place, la salle se vide. Je suis transférée en salle de réveil et c’est à ce moment là que l’angoisse monte.

Repenser à ce moment est toujours aussi difficile et anxiogène pour moi. A ce moment là, je suis frigorifiée, j’ai les dents qui claquent violemment. Je ne peux rien bouger, je ne sens rien. Je suis juste enkylosée de partout, je suis lourde, vaseuse et mon corps ne répond plus de rien. J’ai envie de dormir pendant une semaine entière. Mon corps se fait la malle, encore, encore, encore. Comment je vais faire ? Comment je vais faire pour gérer un bébé dans cet état ? Je ne peux pas. Je ne veux pas.
J’ai un rejet terrible et complet.  De tout, de la situation. Je veux m’enfuir. Laissez cet enfant à son père, laissez le s’en occuper, je n’en suis pas capable. Physiquement, émotionnellement, je suis une coquille vide. Je ne maitrise plus rien.
Je leur dis que j’ai froid, je ne peux pas bouger, je n’ai plus de force. Ils mettent un tuyau qui souffle de l’air chaud sous mes draps. Mes jambes se réchauffent, pas le haut de mon corps. J’ai mal, c’est si douloureux.

Dites, comment je vais faire pour survivre à cette épreuve là ? Je vois les aiguilles de l’horloge avancer, je veux que le temps se fige. Je ne veux pas remonter, je ne veux pas les voir, parce que je suis faible et que je vais faillir. Je ne serai pas à la hauteur, c’est mon corps qui dit non. Je veux dormir, mais j’ai trop froid pour fermer les yeux. Et j’ai trop peur qu’on m’emmène pour pouvoir me reposer. Je suis sur le qui-vive. Mais je n’ai plus de forces, putain.

Ca fait 2 h, je sais que le service appelle régulièrement pour savoir comment je vais. Pour qu’on me dise que mon bébé va bien. Je crois qu’ils donnent des nouvelles à Johann, pour qui le temps est un supplice.

Ca fait 2h, le brancardier arrive. Je vais un peu mieux, je bouge légèrement mes jambes.

Je traverse un long couloir, je vois Johann dans cette chambre vide. Il me dit « qu’est ce qu’il est beau » et là, dans le silence et l’intensité du moment, je me sens en sécurité. Je lâche prise, je suis maman, mon bébé va bien, il est beau, j’ai fait mon job, mon corps se remettra, et mon cœur est rempli.

On nous laisse 15 minutes ensemble, tous les 3. Je le contemple, il est magnifique. Il sent si bon, il est si doux, c’est mon bébé, mon fils, ce guerrier.

Je n’ai plus peur. J’ai en moi la force de 1000 combattants, j’ai la force d’une mère, et l’amour qui déborde. Je n’ai plus peur, et je suis devenue maman quand j’ai arrêté de douter.

On m’a tout de suite dit qu’il ne serait pas avec moi la première nuit car il devait avoir son traitement mais aussi pour que je puisse récupérer. Me reposer. Je me suis sentie flotter, soulagée. J’allais pouvoir me préparer à être opérationnelle pour mon tout petit. J’ai mal, mais la douleur lancinante est moins forte que l’amour. Elle n’est rien à côté de tout ce qu’on a vécu ensemble ces dernières semaines.

Par surprise, on me laisse avec lui de 21h jusqu’à minuit. 3h en tête à tête, en peau à peau, juste à se chuchoter combien on s’aime. Il chuchotait aussi, à travers ses souffles.

Et puis la suite de l’histoire, vous la connaissez.

Un combat de 15 jours en unité kangourou, une belle aventure a commencé, c’était bien, c’était long, mais utile et maintenant, on file le parfait amour en toute sérénité, et en pleine santé !

Après un mois, j’ai toujours mal. Mon bassin, ma cicatrice, mes vergetures. J’ai le corps douloureux, il se souvient et ne veut pas oublier. J’ai bon espoir que ça finisse par passer…

5 Comments

  • Mandy

    Je lis rarement les récits d’accochement. Tes mots son fort et votre histoire est forte. Je n’ai pas aimé être enceinte même si tout c’est bien passé, une naissance en douceur. Mais j’ai vécu ce moment de flottement juste après, la peur de ne pas y arriver avec la fatigue qui suit cette mise au monde. Et puis tout cet amour qui éclate après, je ne savais pas qu’il me rendrait forte. Remet toi bien et profitez à 3 de cet amour,

  • Ama Cln

    Des milliers de cœurs sur toi ❤️
    Bravo pour ce récit poignant, pour tes mots posés, là où il faut
    Bravo pour ton courage, ta ténacité et ta si belle morale.
    Soyez heureux

  • Kareen

    Tu as traversé tant d épreuves , je te souhaite le bonheur que tu mérites , tu es une vraie lionne.
    Affectueusement

  • Cricri Klf

    Je ne suis pas encore maman, je ne porte pas d’intérêt à l’accouchement pour l l’instant, je n’aime pas les médecins les hôpitaux. Des fois je m’agace devant babyboom le concept de tout filmer, de montrer son intimité d en faire quelque chose de beau dans la souffrance je ne comprends. Mais TOI ton TOUT TOI, que j’ai dans un premier temps entendu à travers une personne que j’ai croisé dans le monde professionnel parce que nous avions un point commun les chiens, puis dans un second temps sur instagram…. et bien j’en suis tombée amoureuse, à travers ce monde virtuel tu dégages tout plein de sympathie, d’amour, de simplicité, de joie, de bonheur… enfin je prends tjrs un plaisir à te lire à te suivre. Ne change rien tu es une bonne personne et un exemple pour plein de femmes.

  • Carole Vincent

    Bonsoir Camille, un grand merci pour ton partage qui me porte dans mes pas de mère, à la fois expérimentée (chaque jour novice quand même hein), pour Louise, Achille et Inès et encore toute neuve de Garance. Et chaque jour l’arc en ciel des émotions, Inès a trouvé un joli mot quand elle était encore minus: faut pleurire maman!
    Quelle intensité les pleurs de ces tout-petits, pleurer en même temps qu’eux est un super réflexe, si on laisse couler, ensemble, la détente vient.
    Et les bisous salés peuvent être doux.
    Une chose qui m’a aidée à accueillir leurs pleurs de bébé c’est qu’ils peuvent pleurer de joie aussi, comme nous, sauf que nous on peut dire en même temps « c’est trop beau tout cet amour », certes tout en morvant et reniflant, mais le message passe.
    Je te souhaite de pleurire avec Côme, et de goûter la douceur de ce sel.
    Et ces pleurs de décharge s’espacent avec les mois même si l’intensité de leur traversée nous fait souvent douter de nos forces, tu es une mère-veilleuse Camille*

    Carole

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